Le Mont Blanc a perdu de l’altitude !

Le Mont Blanc a perdu de l’altitude !

C’est désormais une certitude : les manuels scolaires vont devoir être corrigés. Depuis quelque temps, le Mont Blanc perd la tête et Chamonix s’interroge. Ces deux dernières années, il a perdu près de deux mètres. C’est ce qu’a pu constater une équipe de chercheurs qui était monté à pied jusqu’à la pointe du massif pour en mesurer l’altitude. Que peut bien cacher ce mystérieux phénomène ?

Des chiffres surprenants

Les chamoniards n’en reviennent pas ; au-dessus de leurs têtes encapuchonnées, la montagne semble refaire sa crise de croissance. Depuis une dizaine d’années, la communauté scientifique est formelle : l’altitude du plus haut sommet d’Europe connaît de curieuses variations. Alors qu’on le mesurait à 4.810,40m en 2001, il perd 1,95m en 2003. De 2003 à 2005, l’altitude du massif a diminué légèrement, avant de remonter et d'atteindre un record en 2007 : 4.810,90 m. Cette année enfin, il vient de reperdre 45cm et son altitude s’est stabilisée à 4810.45m.

L’enquête est ouverte

Selon les experts, ces variations aléatoires ne sont pas très significatives, et ne peuvent s’exercer que dans une fourchette d’une dizaine de mètres au maximum. Une chose est certaine : pour une fois, le réchauffement climatique n’est pas le véritable coupable. Les experts ont donc décidé de mener l’enquête et de découvrir qui a bien pu voler ces précieux mètres… Que l’on se rassure ! L’exemplarité de Chamonix en matière d’écologie est incontestable, et sa responsabilité est hors de cause.

Au sommet, une calotte de glace

Ces étranges variations d’altitude ne seraient pas possibles si le sommet du Mont Blanc était couvert de roches. En réalité, la tête du massif est constituée d’un bloc de glace de 40m d’épaisseur ; il emprisonne un stock d’eau liquide. La neige qui se trouve au-dessous se tasse et se comprime sous l’apport de nouvelles couches, un peu comme quand on serre une boule de neige dans sa main.

Le réchauffement climatique, un suspect idéal

Sans surprise, le premier suspect a d’abord été le réchauffement climatique. Les récentes canicules estivales, les quelques degrés de trop qui font fondre les glaciers polaires… L’explication est séduisante, mais à cette altitude ce phénomène a très peu d’incidence. Certes, les excès de chaleur ont pu contribuer à faire diminuer l’épaisseur du manteau neigeux, mais ici, ils n’ont pas été déterminants.

Le vrai coupable : le vent !

En réalité, la raison essentielle de ces pertes d’altitude est liée au vent, qui peut souffler jusqu’à 200km/h à la tête du massif. Outre le fait qu’il balaie et disperse le manteau neigeux, il rabote l’arête du sommet. C’est là que le réchauffement climatique intervient : plus chaude, la neige s’est compressée beaucoup plus rapidement. C’est un fait : le vent a beaucoup soufflé ces dix dernières années.

Un sommet qui se déplace

Autre phénomène étrange, les récentes expéditions ont constaté que la crête du Mont Blanc se rapproche de l’Italie. Bien plus important que les variations d’altitude, ce mouvement horizontal a déplacé la crête du sommet sur plus de 26 mètres ! Rassurons-nous pourtant, le toit d’Europe reste toujours bien français.

La rédac’ y met son nez

Qu’il se tasse ou non, le Mont Blanc reste la star de Chamonix !

auteur : Pierre-André Bizien